Mesure des HAP dans les lichens : présence d’une variabilité saisonnière

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Lichens sur une branche d’arbre (crédit photo : Freepik)
Lichens sur une branche d’arbre (crédit photo : Freepik)

Publié le 13 février 2026

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Les lichens sont de bons bioindicateurs pour les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP). Les mesures de HAP réalisées sur la région en 2024 montrent une variabilité saisonnière, avec des teneurs généralement plus élevées en hiver. Parmi les 26 sites étudiés, 4 connaissent des teneurs élevées en HAP.  

26 sites et 52 mesures faites en Normandie en 2024

Atmo Normandie surveille les HAP au moyen des lichens, sur 26 sites à travers la Normandie. Ces sites ont permis d’effectuer 52 mesures en 2024. Ces prélèvements sont faits dans des zones de différentes typologies : urbain, rural, industriel, trafic routier. 

Résultats

Une variabilité saisonnière de la présence d’HAP

Le rapport met en évidence une variabilité saisonnière des teneurs en HAP accumulées dans les lichens. Ainsi, Atmo Normandie observe des teneurs en HAP plus élevées en hiver, sur la majorité des sites étudiés. On retrouve le même phénomène pour les mesures effectuées dans l’air ambiant

Figure 1 : Evolution des teneurs 2024 (µg/kg MS) en HAP16 : comparaison hiver (phase A) et été (phase B)
Figure 1 : Evolution des teneurs 2024 (µg/kg MS) en HAP16 : comparaison hiver (phase A) et été (phase B)

Quatre sites avec des concentrations de HAP élevées

En 2024, quatre sites de l’agglomération rouennaise présentent les teneurs en HAP les plus élevées enregistrées sur les 26 sites en Normandie :

  • Saint-Étienne-du-Rouvray – Mairie ; 
  • Saint-Étienne-du-Rouvray – Voie ferrée ; 
  • Rouen Est – Sotteville ; 
  • Rouen Ouest – Petit-Quevilly. 
Carte des 26 sites où ont été étudiés les HAP dans les lichens en Normandie en 2024.
Carte des 26 sites où ont été étudiés les HAP dans les lichens en Normandie en 2024.

Le lichen, un détecteur de pics de pollution liés à des événements ponctuels

Le rapport souligne l’intérêt des lichens dans la surveillance des HAP dans les dépôts atmosphériques. En effet, ces organismes permettent d’identifier des pics de pollution liés à des événements ponctuels. Par exemple, à la suite de l'incendie survenu en 2019 chez Lubrizol et Normandie Logistique, des lichens prélevés en 2020 ont caractérisé l’incident survenu l'année précédente. 

Valeurs repères régionales

Des valeurs repères indicatives régionales ont pu être établies permettant la distinction entre situations normales et épisodes accidentels. Ces valeurs ayant été déterminées à partir d’un faible nombre de données, elles doivent être étoffées. 

L'étude continue en 2025

Pour enrichir ce début d’observatoire régional et améliorer la compréhension des sources de contamination, Atmo Normandie envisage d’effectuer des campagnes de mesure complémentaires, et d’appliquer des outils de modélisation tels que la Positive Matrix Factorization (PMF).


En 2025, le suivi lichénique a été confié à un nouveau bureau d’études. Il faudra vérifier la continuité des données avant/après ce changement de bureau d’études. 


Des campagnes à différentes périodes de l’année restent également essentielles pour tenir compte de la saisonnalité et affiner l’interprétation des résultats.


Finalement, l’usage des lichens, combiné à des mesures de retombées atmosphériques par jauge de dépôt, constitue un outil complémentaire pour améliorer la compréhension des dynamiques de pollution et renforcer la capacité d’action des autorités en matière de santé environnementale, tant en situation de crise qu’en surveillance de fond.

Consulter le rapport

Texte

À noter 

Les lichens sont des bioindicateurs :
Un lichen est un organisme constitué de deux êtres vivants, une algue et un champignon qui vivent en symbiose. Le lichen peut vivre dans des milieux pauvres en nutriments et en eau. En effet, il trouve ses ressources, en absorbant l’eau de pluie, la rosée, l’humidité ambiante, ou encore les minéraux dissous ou déposés à sa surface. De ce fait, il est très sensible à la pollution de l’air. Sa présence ou son absence permet de juger de la qualité de l’air. C’est pour cela qu’on le qualifie de bioindicateur.