Ces dernières semaines, plusieurs incendies de nature différente se sont déclarés en Normandie : feux de végétation et de forêts, incendies de bâtiments ou de sites d’activité de scieries, feux de déchets impliquant différents matériaux (bois, palettes, pneus …). Ces événements génèrent des fumées qui ont un impact sur la qualité de l’air, à proximité du sinistre mais aussi à plus grande distance selon les conditions météorologiques.
Atmo Normandie surveille la qualité de l'air
Lors de la survenue de ces incendies, Atmo Normandie analyse analyse au quotidien les informations disponibles sur son dispositif de surveillance et les données enregistrées par les capteurs répartis sur la région.
Les concentrations de différents polluants sont alors étudiées en lien avec les conditions météorologiques, la direction et la force du vent ou encore la localisation du panache de fumée. Cette analyse permet de mieux caractériser un éventuel impact de l’incendie sur la qualité de l’air.
Les données enregistrées par les stations de mesure d'Atmo Normandie sont accessibles en ligne.
Un exemple de suivi : l'incendie des 8 et 9 août à Gonfreville-l'Orcher / Rogerville
Lors de l'incendie survenu dans l’après-midi du 8 août dans le secteur du bois d’Orcher, Atmo Normandie a analysé les données enregistrées par sa station de Gonfreville-l’Orcher, située à l’ouest de l’incendie.

Les mesures montrent une hausse des concentrations en particules fines PM2.5 dans la nuit du 8 au 9 août, entre minuit et 6 h environ. Le décalage entre le début de l’incendie et cette hausse s’explique notamment par les vents orientés au nord lors du début de l’incendie. La station située à l’Est de l’incendie n’était pas située dans la direction du panache de fumées.
La rose de pollution permet de mettre en relation les concentrations mesurées avec la direction du vent. Elle indique que les concentrations les plus importantes provenaient principalement de l’est de la station, soit en direction du secteur de l’incendie.
Dans la soirée, les vents ont basculé sur le secteur Est et une hausse du monoxyde de carbone (CO) a été observée au même moment que celle des PM2.5. Le CO est notamment émis lors des phénomènes de combustion. L’augmentation simultanée des concentrations de CO et de PM2.5, associée à la direction des vents, est cohérente avec une influence des fumées de l’incendie sur les mesures enregistrées sur la commune.
Un autre traceur permettant d’identifier l’origine des fumées consiste à analyser conjointement les teneurs de PM10 et des PM2.5. Dans le cas de Gonfreville l’Orcher, cette comparaison montre que les PM2.5 constituaient la majeure partie des PM10 mesurées dans les fumées, caractéristique d’ une source de combustion.
Suivre les incendies et signaler une gêne
Vous ressentez une odeur de brûlée, de fumée ou une autre nuisance atmosphérique ? Vous pouvez effectuer un signalement sur SignalAir. Ces signalements citoyens complètent les données de mesure d’Atmo Normandie et permettent d’identifier les secteurs dans lesquels des gênes olfactives sont ressenties et de les croiser avec les autres informations disponibles.
Déclarer une nuisance sur SignalAir
Pour savoir si les fumées proviennent de feux de forêt et des espaces naturels, le site Feux de forêt propose une carte participative permettant de consulter les incendies en cours et passés en France. Il s’agit d’une plateforme citoyenne et associative alimentée notamment par des signalements et des observations locales.
Consulter la carte des feux de forêt
Que contiennent les fumées d'un incendie ?
Les fumées d'incendie constituent un mélange complexe de particules et de gaz. Leur composition dépend notamment de ce qui brûle : végétation, bois, matériaux de construction, pneumatiques, produits stockés, etc., mais également des conditions de combustion. Deux incendies ne génèrent donc pas nécessairement les mêmes polluants.
Parmi les polluants susceptibles d'être présents dans les fumées :
- les particules fines et ultrafines, dont les PM10 et PM2.5 ;
- le monoxyde de carbone (CO) ;
- les oxydes d’azote ;
- des composés organiques volatils (COV), comme le benzène ou le formaldéhyde ;
- des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et du carbone suie.
Selon les matériaux impliqués, d’autres substances potentiellement toxiques peuvent être émises. L’Ineris souligne que la nature et la quantité des polluants émis peuvent varier fortement en fonction des produits brûlés et des conditions de l’incendie.
Quels effets sur la santé ?
L’exposition aux fumées peut entraîner des irritations des yeux et des voies respiratoires, de la toux ou d’autres symptômes respiratoires. Les particules fines peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires. Des effets cardiovasculaires ont également été associés à l’exposition aux fumées de feux de végétation.
Une attention particulière doit être portée aux jeunes enfants, aux femmes enceintes, aux personnes âgées et aux personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires.